Comment estimer le coût du réchauffement climatique pour l’économie française 

Comment estimer le coût du réchauffement climatique pour l’économie française ?

Les changements climatiques ont des conséquences sur le budget de la nation. Pour conserver l’économie, il est donc primordial d’agir dans l’immédiat en adoptant des mesures préventives afin de permettre de limiter les dommages financiers pour le pays.

Des scénarios de transition mis en avant

L’Agence de la Transition Ecologique ou ADEME a réalisé des études dont l’objectif principal est d’évaluer le coût des dommages relatifs au réchauffement climatique en France en établissant plusieurs modélisations économiques affectant différents scénarios.

D’abord, ce procédé vise à effectuer une comparaison des effets sur l’activité économique en cas de hausse de la température mondiale de +3,5 ° à la fin du siècle avec un schéma fictif où il n’y a pas de changement climatique. Dans la seconde phase, les coûts des dommages dans tous les scénarios sont intégrés. Il s’agira par la suite de comparer les effets sur l’activité économique d’un retard de transition ou de l’absence de mesures par rapport à une autre situation où des politiques sont adoptées de façon progressive.

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L’ADEME a procédé à l’étude de deux formes de risques dans chacun des scénarios mis en évidence au préalable. D’un côté, il y a les dangers engendrés par des faits climatiques qu’ils soient aigus ou chroniques. D’un autre côté, il y a les menaces de transition relatives aux risques financiers liés aux procédures d’ajustement visant une économie à carbone réduite.

En cas d’inaction ou de mesure retardée, voici les conséquences !

À partir de ces différentes modélisations, l’ADEME a pu effectuer une évaluation de l’ensemble de l’économie française qui est combiné à un scénario où le réchauffement est de +3,5 °C. Selon les premières appréciations qui sont certainement sous-estimées, si la température mondiale devait atteindre ce niveau, alors les dommages pourraient coûter plus de 10 points d’activités annuels.

Ce constat est réalisé en comparaison avec un scénario fictif où il n’y a pas de changement climatique. La répartition s’effectue comme suit :

  • Les catastrophes naturelles dans le reste du monde et qui ont des effets sur les exportations du pays : 6 points.
  • Le coût direct des catastrophes naturelles en France : 1/2 point
  • La baisse des rendements agricoles : 3 points
  • La montée du niveau de la mer : ½ point
  • Les autres dommages : ½ point
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Une transition retardée en France peut entraîner jusqu’à 1 100 Md $ d’actifs échoués qui sont cumulés tout au long de la période, c’est-à-dire environ 50 Md $ chaque année entre les années 2030 et 2050. D’un autre côté, ce scénario peut causer une perte de PIB de – 1,5 point en 2030 et – 5 points en 2050.

En revanche, dans le cas d’une inaction totale, c’est-à-dire en l’absence de politique de transition et la conservation du mix énergétique, l’augmentation de la température mondiale sera inévitable en 2030. Aussi, il y aura une hausse progressive des coûts des dommages supplémentaires. D’ici la fin de ce siècle, ce scénario pourrait coûter jusqu’à 7 points au PIB annuel (c’est-à-dire 1 pour le gel des politiques et 6 pour les coûts additionnels).

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Justin Malraux